À la rencontre de nos étudiants : Émilie et Karine, en formation TISF

AccueilActualités ▷ À la rencontre de nos étudiants : Émilie et Karine, en formation TISF

Dans le cadre de sa Journée Portes Ouvertes le samedi 26 janvier 2019, l’IRTS Poitou-Charentes vous propose d’aller à la rencontre de ses étudiants.
Tous les jeudis, un interview d’une ou d’un étudiant(e) sera publié sur le site internet pour vous permettre de découvrir son parcours, sa formation et ses ressentis.

 

Aujourd’hui, Émilie et Karine, en 1ère année, vous parlent de la formation Technicien de l’Intervention Sociale et Familiale (TISF).

Quel est votre parcours ?

Émilie : De base, j’ai un BEP et un Bac Professionnel SMR (Services en Milieu Rural). Après, j’ai passé mon BAFA et travaillé en centre de loisirs. J’ai un CAP Petite Enfance aussi. Cela fait donc plusieurs années que je travaille avec les enfants. J’ai aussi fait beaucoup de garde d’enfants à domicile. Le contact avec les familles m’a amenée au métier de TISF.

Karine : J’ai arrêté mes études pour partir sur un job alimentaire dans le commerce où J’ai travaillé 10 ans, puis je suis devenue ensuite Assistante Maternelle pendant 10 ans. Pendant cette décennie, je me suis formée sur le développement de l’enfant et j’ai fini par me demander ce que je pouvais faire de plus. On peut agir sur les enfants, mais derrière les enfants, il y a les parents. J’ai pensé qu’accompagner les familles sur la question de la parentalité était nécessaire pour aider aux mieux les enfants à aller bien.

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager dans un métier du social ?

Émilie : Depuis toute petite, j’ai toujours été très intéressée par le contact et le lien avec les enfants. Mais curieusement, le social, c’est assez récent.  Au tout début, je me tournais vraiment vers la Petite Enfance, je pensais devenir Auxiliaire de Puériculture. C’est au fil des années que je me suis rendue compte que le côté parentalité, les difficultés de la famille et le fait de vouloir agir sur le quotidien me donnaient plus envie. Plus j’avançais dans le temps, moins j’étais concentrée uniquement sur l’enfant. Je regardais plus pourquoi et comment il était arrivé là. Je me focalisais plus sur la famille et ses difficultés. J’ai donc cherché un métier qui me correspondait plus.

Karine : Au contraire, pour moi, cette envie du social a toujours été présente. Elle faisait partie de moi mais ce n’était pas politiquement correct dans le milieu ou j’ai grandi de partir dans cette voie. J’avais envie d’écouter les gens, et trouver des solutions aux petites problématiques, de façon concrète, pour que les gens aillent mieux. J’ai passé le concours d’Assistant de Service Social (ASS) après mon bac mais je ne l’ai pas eu, ce n’était pas le moment.
Je suis donc partie sur un job alimentaire mais ça a toujours été une évidence que je continuerai dans le social. J’avais envie de retrouver des valeurs que je partageais mais qui étaient peu présentes dans mes métiers précédents.

 

Pourquoi ce métier en particulier et pas un autre ?

Émilie : Je n’avais pas forcément pensé à TISF au départ. Avant de me décider, j’arrivais dans une période difficile ou je ne savais pas vers quoi me tourner professionnellement. Je savais que j’avais envie de plus, de m’élargir à la famille, mais je ne savais pas vers quoi aller.
C’est lors d’une formation Pôle Emploi qu’après avoir expliqué mon parcours, une formatrice m’a présenté le métier comme une voie qui pourrait me correspondre. J’avais déjà entendu parler du  métier, mais je n’avais jamais creusé. Dès le départ, on m’a conseillé de ne pas trop aller sur internet, que la description ne correspondrait peut-être pas aux représentations. J’ai donc fait une liste de mes attentes, de ce que j’aimerais pour mon futur métier, et ensuite, je suis allée comparer avec les différentes sources et fiches métier à ma disposition. Tout se rejoignait, ça a donc été une évidence.

Karine : Cela s’est fait complètement par hasard. Je ne connaissais pas le métier. J’étais déjà dans la démarche de reconversion. Je regardais les annonces et je suis tombée sur une proposition pour un poste de TISF. Par curiosité, j’ai regardé et j’ai trouvé que ça correspondait bien avec ce que je savais faire et ce que je voulais faire. Au début, je me suis un peu interrogée sur la question du travail au domicile des personnes.  J’ai travaillé 10 ans à mon domicile : c’est une sphère particulière et j’ai vu les limites que ça pouvait avoir. Mais je trouvais aussi intéressant de pouvoir entrer dans l’intimité des personnes pour les aider car c’est dans cette sphère que les difficultés émergent au-delà du vernis social. J’avais donc une appréhension, mais ça m’intéressait et je ne voulais pas trop me frotter aux institutions : j’avais envie d’intervenir directement avec l’humain.
C’est une des particularités du métier de TISF : on en fait ce que l’on veut, c’est nous qui définissons en partie notre métier. Il y a évidemment quelque chose de commun à tous, mais la vision, la façon d’aborder les choses avec les familles, diffèrent selon les personnes.

 

Auriez-vous une expérience marquante que vous avez vécue pendant votre formation à nous partager ?

Karine : Ce que j’ai remarqué, c’est que cette formation nous fait changer. Je sortirai de ma formation différente de la personne qui y est rentrée. Ca bouscule tout, notamment au niveau de la perception des situations. Des fois, on a l’impression d’être sur une autre planète. On a des idées au départ, des  a priori, et finalement ça évolue. En stage, je découvre que ce qui paraissait être le problème à la 1ère visite, n’en est pas forcément un après quelques temps d’analyse. Je pense qu’il faut se laisser porter et aussi avoir la curiosité d’accepter et de s’intéresser aux gens tels qu’ils sont, et avec ce qu’ils ont. On ne part pas d’une théorie, on part des gens. Finalement, l’immersion à domicile (période de stage) que j’appréhendais m’apparait des plus enrichissantes.

Émilie : C’est également le stage, que j’appréhendais. En fait, il m’apporte beaucoup. Je trouve que TISF, c’est un métier hyper riche : on rencontre des personnes de milieux sociaux très différents, très variés, des fois des familles avec un enfant, des fois plus. C’est riche en échanges. À la base, c’est nous qui sommes censés leur apporter quelque chose, mais en fait les gens nous en apportent autant qu’on leur apporte.
C’est une profession qui fait se remettre en question tous les jours. C’est hyper enrichissant, même si c’est un peu déstabilisant parfois. On se dit que même si quelque chose marche aujourd’hui, il faudra peut-être faire différemment demain. C’est ça qui fait l’essence de ce métier : les petits liens qu’on va créer au fil du temps, et la confiance qui s’installe. C’est surtout la confiance avec les familles, qui est nécessaire pour que nous puissions travailler.

 

Dans quel secteur aimeriez-vous travailler après votre diplôme ?

Émilie : Pour l’instant c’est dur de se positionner. Nous en sommes à notre 1er stage et il s’effectue dans le secteur du domicile. Nous n’avons pas encore eu d’expériences en structure et j’ai très envie de découvrir ce côté. Je ne sais pas ce qui me plairait le plus, j’attends de voir. Je pense que le domicile apporte des choses que je pense que le côté « structure » ne peut pas apporter. J’attends donc de découvrir cet aspect avant de me fixer.

Karine : Moi je sais juste que là où je travaillerai, je n’y travaillerai pas toute ma carrière. Je pense que cela sera évolutif. Le domicile me plait car il touche beaucoup de secteurs ou de publics différents. On peut travailler à la réinsertion des personnes par exemple. Les situations sont vraiment très diverses. Pour mon premier emploi dans ce métier, j’aimerai travailler en milieu urbain. Il y a quand même un réseau de professionnels, de partenaires sociaux, plus accessible. On se retrouve moins seul à domicile. Mais pour l’instant, je ne sais pas encore : il reste 1 an et demi de formation et 3 stages à faire ! Comme c’est un métier en constante évolution, cela a le temps de changer, des portes différentes peuvent s’ouvrir.

 

Avez-vous un conseil à donner aux personnes qui souhaiteraient faire ce métier ?

Karine : Il faut être ouvert. En fait, c’est vraiment qu’il faut vouloir se laisser surprendre.

Émilie : Il faut prendre ce qu’il y à prendre.

Les deux : En fait, il faut être prêt à accueillir tout ce que les gens apportent avant d’essayer de les modifier. Ce n’est pas le but de les transformer d’ailleurs : il faut accueillir les gens pour ce qu’ils sont et ce qu’ils ont.

Karine : Et rester humble, aimer l’humain.

Émilie : Oui, c’est un métier où il faut aimer le contact et pouvoir se remettre en question. C’est un métier d’échange constant.

Karine : Il faut aussi construire son métier. Comme on nous transmet en début de formation: l’école nous apporte 30% et le reste c’est à nous d’aller le chercher.

 

Pour rencontrer les étudiants et formateurs de l’IRTS, rendez-vous à la Journée Portes Ouvertes samedi 26 janvier 2019 de 10 h à 16 h.
Cliquez ici pour plus d’information.

 

 

Devenir Technicien(ne) de l’Intervention Sociale et Familiale

Travailleur social, le Technicien de l’Intervention Sociale et Familiale (TISF) intervient auprès de personnes qui ont besoin d’aide dans des circonstances particulières : difficultés sociales, décès d’un parent, hospitalisation, naissance, longue maladie, handicap… La formation dure 2 ans et prépare à un diplôme de niveau IV. Elle est accessible à Poitiers.
Pour en savoir plus, consultez la page dédiée.

 

Nos autres interviews

 


ACTUALITÉS CONNEXES

Journée Portes Ouvertes 2019

Vous êtes intéressés par les métiers du social ? Vous souhaitez avoir des informations sur l'évolution de nos formations et des processus d'inscription ? L'IRTS Poitou-Ch...►►

Conférence-débat sur la médiation familiale

Conférence-débat - Mardi 6/11/18 de 9h à 12h La notion de médiation prend de plus en plus d’ampleur, dans le travail social, le soin, l’éducatif... Elle concerne aussi le...►►

Journée d’étude « Entre Laïcité et diversité »

Dans le cadre des Rencontres de la Petite Enfance, l’équipe pédagogique Éducateur de Jeunes Enfants (EJE) de l’IRTS Poitou-Charentes vous invite à participer à une journé...►►