À la rencontre de nos étudiants : Anthony, en formation ES

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Dans le cadre de sa Journée Portes Ouvertes le samedi 26 janvier 2019, l’IRTS Poitou-Charentes vous propose d’aller à la rencontre de ses étudiants.
Tous les jeudis, un interview d’une ou d’un étudiant(e) sera publié sur le site internet pour vous permettre de découvrir son parcours, sa formation et ses ressentis.

 

Pour ce dernier interview, c’est au tour d’Anthony, en 3ème année, qui vous parle de sa formation d’Éducateur Spécialisé et vous donne plusieurs conseils pour la formation.

Quel est ton parcours ?

J’ai obtenu mon bac L, et après j’ai fait un an de fac de Psychologie pour préparer mes concours d’Éducateur Spécialisé. Je ne les ai pas eus la première fois, j’étais sur liste d’attente à Bordeaux et à Poitiers. Après, j’ai fait Assistant d’Éducation pendant 2 ans dans un lycée professionnel à Angoulême. Ça m’a bien plu et ça m’a conforté dans mon idée d’Éducateur Spécialisé avec des adolescents. En plus, j’avais la chance d’être dans un lycée dans lequel on pouvait proposer des ateliers dans le cadre de l’accompagnement personnalisé. J’ai animé des ateliers de percussions ethniques. Ça tranchait un peu avec ce qu’on pouvait proposer dans l’Éducation Nationale donc c’était assez intéressant.
Après, j’ai retenté mes concours, juste à Poitiers, et je les ai eus.

 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’engager dans un métier du social ?

Ma difficulté à m’intégrer dans le moule du système scolaire ! J’ai passé plusieurs années à décrocher de l’école et j’ai fini par rencontrer une prof qui m’a permis de raccrocher. Ça m’a donné envie de retransmettre ça à mon tour.
L’enseignement ça me plait, j’ai longtemps été indécis car j’aime beaucoup la transmission. Mais éducateur, ça me paraissait être une bonne porte de sortie car on a plus de marges de manœuvre que quand on est enseignant. Et aussi moins d’études, parce que je n’aimais pas trop ça ! Mais maintenant, finalement, ça ne me dérangerait pas de poursuivre mes études avec un master au minimum, de devenir formateur et, peut-être, pousser jusqu’à la thèse en Sciences de l’Éducation.

 

Pourquoi ce métier en particulier et pas un autre ?

Ce qui m’intéressait, c’était le côté relationnel avec les usagers. Je voulais travailler dans la protection de l’enfance parce que j’aime beaucoup le travail avec les familles.
En plus, je savais qu’en tant qu’Éducateur Spécialisé, on a aussi beaucoup d’écrits, de rapports, à produire. Comme je suis à l’aise avec l’écrit et que j’aime ça, je me suis dit : pourquoi pas ?

 

As-tu une expérience marquante que tu as vécue pendant votre formation à nous partager ?

Oui, mon deuxième stage. C’est un stage qui me faisait bien peur parce que c’était dans un centre parental. Et, du coup, j’allais travailler avec principalement des nourrissons et des parents adolescents. L’idée de travailler avec des bébés me faisait clairement paniquer parce que c’est un domaine que je ne connaissais pas du tout. Je savais changer un bébé mais je ne savais pas comment m’occuper de tout ce qui est processus de narcissisation par exemple.
Donc, je ne connaissais pas et j’avais peur de faire des boulettes. Finalement, ça m’a énormément plu : j’ai pu à la fois découvrir un nouveau public et travailler avec les familles. Le soutien à la parentalité est devenu quelque chose que j’adore et que j’aimerais bien faire à terme.

 

Dans quel secteur aimerais-tu travailler après ton diplôme ?

Alors, j’ai fait uniquement de l’internat pendant mes stages, beaucoup de collectif. J’aimerais bien essayer un autre secteur, faire du milieu ouvert. Pourquoi pas effectuer des Mesures Judiciaires d’Investigations Éducatives (MJIE) par exemple ?
Mon coup de cœur, c’est la prévention spécialisée, le travail de rue. Travailler en binôme sur un quartier, c’est vraiment quelque chose que j’aimerais découvrir sur du long terme, au moins sur plusieurs années. C’est nécessaire pour construire son réseau, sa légitimité auprès du public. Ce qui me plait dans la prévention spécialisée, c’est les principes de libre adhésion et d’anonymat. On travaille sur un aspect moins formel, un peu « hors-les-murs », ça me plait. J’ai l’impression qu’on a une plus grosse marge de manœuvre qu’en institution. C’est un formateur qui m’en a parlé en 1ère année, mais j’avais déjà rencontré un éducateur de prévention spécialisée pendant un stage fait avant l’entrée en formation. J’avais passé la journée avec lui à faire des maraudes et ça m’a vraiment plu, un vrai coup de cœur.

 

As-tu un conseil à donner aux personnes qui souhaiteraient faire ce métier ?

Je pense que le plus important c’est d’être au clair avec son histoire, et d’avoir suffisamment de recul dessus, pour que les différents profils de personnes qu’on est amené à rencontrer ne nous touchent pas dans notre « Moi » profond. On peut rencontrer des parcours de vie qui sont similaires au nôtre sur quelques points. Si ça nous touche de trop près, ça peut devenir dangereux et contreproductif, tant pour la personne que pour notre vie personnelle. C’est pour moi la 1ère des choses.
Après, c’est un peu paradoxal, mais il faut profiter de la formation pour se mettre en danger et sortir de sa zone de confort. Par exemple, certains peuvent se sentir très à l’aise en protection de l’enfance ou en insertion, mais il ne faut pas qu’ils hésitent à essayer le polyhandicap. Cela peut sembler difficile et effrayant au quotidien mais c’est très enrichissant. On a toute notre carrière pour s’épanouir professionnellement, alors c’est bien de s’essayer à autre chose avant de se diriger vers ce qu’on connait.
J’ai un troisième conseil : Éducateur Spécialisé, c’est une formation qui dure 3 ans et qui demande énormément de temps et d’investissement, que ce soit en stage ou en cours. Il y a beaucoup de travail personnel, il faut beaucoup lire et se renseigner sur beaucoup d’éléments. Et c’est difficile financièrement parce que ça dure 3 ans. Même avec Pôle Emploi, les allocations baissent la dernière année. Et un appartement, un stage dans une autre ville que Poitiers ou un permis à payer, cela peut être dur à assumer financièrement. Il faut donc être sûr d’être capable de supporter cette pression !
Mon dernier conseil : il faut profiter du fait d’être en formation pour lire le plus qu’on peut. Se renseigner, être curieux de tout. Ne pas hésiter à solliciter les formateurs pour avoir des références plus simples. Le Centre de Documentation de l’IRTS, c’est une mine d’or quasi inépuisable pour ça. Quand on travaille ou qu’on est en stage, on a moins de temps, il faut donc profiter des semaines à l’IRTS pour lire un maximum.
Pour finir : profitez de la formation ! C’est un beau métier, il faut le vivre à fond. Et il ne faut pas avoir peur d’aimer les gens parce que, quoi qu’on puisse se dire ou entendre sur la juste distance, on travaille avec qui on est. Et si on n’aime pas les gens, ce n’est pas la peine de faire ce métier.

 

Pour rencontrer les étudiants et formateurs de l’IRTS, rendez-vous à la Journée Portes Ouvertes samedi 26 janvier 2019 de 10 h à 16 h.
Cliquez ici pour plus d’information.

 

 

Devenir Éducateur Spécialisé

L’Éducateur ou Éducatrice Spécialisé(e) (ES) concourt à l’éducation d’enfants et d’adolescents ou au soutien d’adultes présentant des déficiences physiques, psychiques ou des troubles du comportement ou en difficulté d’insertion, en collaboration avec tous ceux qui participent à l’action éducative, thérapeutique et sociale. La formation dure 3 ans et prépare à un diplôme de niveau II. Elle est accessible à Poitiers.
Pour en savoir plus, consultez la page dédiée.

 

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